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Arquivos de Neuro-Psiquiatria

Print version ISSN 0004-282X

Arq. Neuro-Psiquiatr. vol.6 no.2 São Paulo Apr./June 1948

http://dx.doi.org/10.1590/S0004-282X1948000200002 

Obsessions graphomaniaques, puérilisme, chez un psychopathe homosexuel. Contribution clinico-psychologique à l'étude des arriérations psycho-affectives

 

 

M. Schachter

Médecin du Comité de l'Enfance Deficiente de Marseille

 

 


RÉSUMÉ

Étude clinique et psychologique d'un jeune sujet psychopathe, présentant un comportement puerile et schizoide, des obsessions gra-phomaniaques, des tendances homosexuelles et ayant commis, également des actes anti-sociaux (escroqueries). L'auteur a pu pratiquer deux fois le test de Rorschach, à un an d'intervalle. Il discute la difficulté qui existe, actuellement encore, de definir Thomosexualite à la lumière de ce test et envisage la graphomanie puerile du malade comme une sorte d'arrieration affective au stade des graphismes ludiques. En réalité, selon l'auteur, on pourrait considérer le tableau psychopathologique presente para le malade, comme l'expression d'une arriération affective, en y faisant rentrer la puérilité du sujet, ses obsessions graphomaniaques et la pédérastie (cette dernière, comme expression symbolique de l'indifférenciation psycho-sexuelle).


RESUMO

Estudo clínico e psicológico de um jovem psicopata, apresentando comportamento pueril e esquizóide, obcessões grafomaníacas, tendências homossexuais e tendo cometido, ainda, atos anti-sociais ("escroqueries"). O A. praticou dois testes de Rorschach, com um ano de intervalo. Discute a dificuldade que ainda existe na definição da homossexualidade por intermédio deste teste, e considera a grafomania pueril do paciente como uma forma de retorno afetivo ao estádio de grafismos lúdicos. Realmente, segundo o A., o quadro clínico apresentado pelo paciente poderia ser considerado como expressão de um retrocesso afetivo, que englobaria a puerilidade do doente, suas obcessões grafomaníacas e a pederastia (esta última, como expressão simbólica da indiferenciação psicossexual).


SUMMARY

A young patient with childish and schisoid behavior, obsessive writing, homosexual tendencies and morbid outbursts in the midst ("escroqueries"), is studied under a clinic and psychologic way. The Rorschach test was performed twice; the second one year after the first one. Discussion is made on usefullness of Rorschach method as to have a conception of homosexuality. Graphomania is concerned to regression to an early development stage of mind in which arises the graphic affairs in the child. After the A., the patient's manifestations as his childish behavior, writing obsessions, homosexuality (this later as a psychic and sexual non-differentiation), could be considered as expression of an affectivity regression.


 

 

Nous nous proposons de résumer l'ensemble des remarques qui nous furent suggérées par l'etude d'un jeune sujet qui nous fut amené par ses parents, auxquels il cause encore beaucoup d'ennuis. Ainsi que l'indique le titre du present mémoire, l'association des symptomes presentes par notre malade était suffisamment riche pour nos inciter à un sondage aussi poussé que possible de son comportement et de son profil psychologique. Nous nous sommes servis, à cet effet, du test affectivo-caractériel de Rorschach, ce qui nous permettra, entre autres, d'insister également sur le problème - três discute encore - des caractéristiques "rorschachiennes" de l'homosexualité.

Sans insister tout particulièrement sur un detail que nous avons dèja discute dans une monographic consacrée à l'enfance délinquante1, rappelons que sur environ 3000 délinquants mineurs que nous avons étudiés, 28 (soit pratiquement 0,90%) étaint des pédérastes, leur age osculant - au moment de notre premier examenentre 12 et 18 ans. Leur niveau intellectuel, mesuré au Binet-Simon, est dans 64,99% normal ou presque normal, 35,01% étant des débiles ou des inutilisables, du point de vue social. Enfin, il n'est pas inutile de souligner que, plus souvent qu'on le dit, ces sujets se rendent coupables de délits plus ou moins sérieux qui les amènent devant les instances judiciaires.

Dans le cas dont nous donnerons la description, ce sont les parents qui, excedes par l'incoherence du comportement de leur fils, sont venus - avant les autorités policières - nous demander aide et conseils.

Observation: Roger., actuellement âgé de 20 ans (a été vu chez nous, pour la primière fois lorsqu'il avait 16 ans 6 mois). Il est le 5« de 6 enfants, tous bien portants, d'apres les dires des parents. Le père, âgé de 48 ans, est bien portant; un "nerveux". La mere, 46 ans, est bien portante. Pas de maladies nerveuses ou mentales dans la famille.

Roger est né à terme, normalement; son premier développement (dentition, marche, parole, propreté de nuit) fut pratiquement normal. Ses antecedents pathologiques ne sont pas charges. Jamais de convulsions; on signale des terreurs nocturnes vers l'age de 6 ans. Scolarité: a passe son certificai d'etudes primaires, a été place dans une école de metiers (il voulait devenir menuisier), mais a quittè Tenseignement, se plaignant "qu'on y parlait toujours de politique" (la chose s'est avérée fausse). Comportement à la maison: les parents ne peuvent pas le supporter depuis longtemps (?); on l'a suspris se masturbant, il pleure ou chante sans aucune raison precise; taquine ses frères ou soeurs qu'il aime, cependant; bon avec les animaux; on signale également des véritables preoccupations hypochondriaques; par exemple, il a Peur d'avoir un testicule plus Petit que l'autre. Examine en 1941 (âgé alors de 14 ans 6), on avait note des reflexes ostéotendineux normaux; un tremblement des deigts dans lj'epreuve des bras tendus; psychiquement: chante ou pleure presque toute la journce, se plaint, sans motif valable, de sensations d'etouffement. On dépiste, par hasard, une infestation parasitaire (oxyures) que Ton soigne, sans influencer, toutefois, son état mental.

Examiné, 2 ans plus tard (Septembre, 1943), on note: qu'il se masturbe frénétiquement; qu'il touche, fréquemment, son anus et ses maticrcs fécales. De même, pour la premiere fois, on nous signale quil écrit constammcnt (écriturc pratiquement illisible) sur des petits bouts de papier, qu'il trouve cu qu'il se procure en dechirant des journaux et des cahiers. Ces petits papicrs remplisscnt Vttéralement toutes ses Pochcs (pantalons, veston, vêste). Pretend vouloir écrire à ses amis. Ses parents ont tente, à cette époque, à le placer chez un pharmacien. Par deux fois, il s'est fait renvoyer à cause de son comportement: inattention aux clients, inanie d'ecrire sur des petits morccaux de papier. Il lui arrive, nous disent ses parents, de jouer des "petites farces" à des gens dans la rue ou dans les trams. Ainsi, une fois il s'adresse à une femme qui, son enfant sur les bras, se préparait à descendre: "Vous avez laissé tomber un paquet" Cellesi, en se rctournant, a failli tomber sous le tram, qui s'etait mis en marche. En réalité il n'y avait aucun paquet. Ses preoccupations hypechondriaques continuent; dit qu'il touche son anus à cause des oxyures (qui n'existent plus); est três obsedé par la question sexuelle; examine et palpc ses organcs genitaux; est sale; ne veut pas se laver. A l'age de 16 ans 6, le développement de sa sphere sexuelle est rclativement retarde; on note seulement quelques poils pubiens. A 17 ans, les parents nous signalent qu'il s'est mis à dépenser beaucoup d'argent (il le volait, à sa mere). On a même prétendu l'avoir vu vendre des flcurs dans les bras au compte d'une personne (?). Un premier examen psychologique, au Binet-Simon, fait à l'age de 16 ans 6, a donné un niveau mental limite.

Examiné en octobre 1946 (19 ans 6), les parents nous disent que leur fils avait été convoquée par la police Il aurait entrainé un jeune homme das un couloir, lui aurait propose une vente de cigarettes d'abord et de le masturber ensuite. Le jeune étranger l'a battu et porte plainte à la police. D'apres le père de Roger, cette chose se serait dèja répétée plusieurs fois. Sa manie de griff oner sur des petits chiffons de papier n'a jamais cesse; ses parents en sont excedes. Roger ne sait pas donner réponse à la question precise: "dans quel but fis cela?". II se contente de rire et de dire: "Je ne sais pas". II a continue à voler des petites sommes à sa mere. L'examen somatique, montre un développement musculaire moyen. Squelette normal; xyphoide palpable. Circonférence crânienne: 53 cms; périmètre thoracique: 77 exp. et 83 insp. Dentition três bonne. Chvostek IIf bilateral. Thyroide non palpable, en dépit d'une certaine tachycardie (90 pulsations par minute et d'un léger tremblement des doigts). Organes génitaux normaux; pilosité axillaire et pubienne ncrmale; crémastériens normaux; pigmentation périanale faible. Systéme nerveux: reflexes v.ifs, mais égaux; pas de troubles de la sensibilité; reflexes oculo-pupillaires normaux. II presente un réflexe syncinétique rhéiro-oral três accuse des deux côtés (symptôme frequent jusqu'a la pubertéé). On refait le test de Binet-Simon, qui donne, cette foisci encore un niveau limite. Lors de notre examen, Roger a l'air de ne pas s'interesser à nos manipulations. II regarde vers la fenêtre. Ses réponses sont correctes, mais après une certaine pause, comme s'il réfléchissait (en fait, nous sommes obliges de répeter nos questions). Son orientation dans l'espace, le temps et le lieu, ne parait pas touchée. 11 peut nous citer, assez convénablement, les nouvelles du jour. Ne sait pas quel metier il devrait apprendre. Ne sait pas, non plus, trouver une "justification" de sa manie de griffonner sur des petits papiers. Nous avons examine plusieurs specimens de ces chiffons. Les graphismes sont pratiquement illisibles. II s'agit. le plus souvent, d'un nom propre, d'un mot, ou de quelques mots, sans signification logiquc. On aurait dit qu'il copiait un mot au hasard. Il est pratiquement impossible de savoir quel genre de lecture attire Roger; il nous dit, parfois, "je lis de tout", c'est à dire des livres et des journaux, sans aucune autre explication.

Ré-examiné en 1947 (20 ans révolus), ses parents viennent de nouveau nous dire que la manie de découpage des petits chiffons de papier, qu'il couvre de leltres ou de mots, continue toujours. "Il en a rempli littéralement toute la maiscn", disent-ils. Il est toujours sale, negligent. Ne veut pas travailler; il souillc ses caleçons (oublie d'utiliser le papier après ses besoins naturels). On a envisage un traitement à l'élecirochoc, étant donné l'échec de toutes les tentatives de traitements endocriniens divers.

Il y a quelques mois, enfin, les parents sont venus nous raconter le dernier exploit de leur fils. Les journaux avaient publié une note concernant "un escroc aux ampoules électriques". En effet, un jeune escroc se faisait remettrc rles scmmes d'argent pour des ampoules électriques qu'il venait remettre, soi-disant, pour une personne qui les lui aurait commandées. La personne en question est, bien entendu, absente; l'escroc remet le paquet au voisin qui paie, mais il se rend compte, plus tard, qu'il a été trcmpé, car le destinataire suppose, nie avoir commandé les ampoules en question. De cette façon, Roger, a gagné des sommcs d'argent nettement supérieures à celles qui résulteraient de la vente régulière des mêmes ampoules. Etant donné que la police ignore encore l'identite de l'escroc, les parents, qui savent que c'est leur fils qui est l'hcmme recherche, nous demandent de les conseiller. Nous leur disons de ne pas attendre et de prevenir la police à laquelle nous remettrons, sur leur demande, un rapport medical.

Nous questionncns Roger sur la cause de ses escroqueries. Il nous dit alors qu'a la suite d'une dispute avec sen père, il a quitté la maison. "J'etais à l'hôtel, il fallait que je paie et que je mange. T'ai acheté alors des ampoules électriques et je suis allé les vendre". II avcue avoir ainsi "servi" une dizaine de personnes; il achetait les ampoules au prix de 60 Frs, et les vendait pour 100 à 150 frs, la piece. Nous lui demandens s'il nous aurait vendu, à nous, à un prix aussi exorbitant (illegal); il nous dit, en souriant: "Te vous aurais fait un bon prix, à vous". Toutes ces explications sont dcnnées sur un ton puerile, souriant, comme s'il avait fait une petite blague. II n'a pas du tout l'air de comprendre l'importance sérieuse de ses actes délictueux et ne err bit pas les complications policières, possibles.

Le premier test de Rorschach a été pratique en 1946 (done à l'âge de 19 ans 6 mois). En 27 minutes, il a donné 25 repenses (normal). Toutes les planches out été retournées spontanément, plusieurs fois; la X-e a été retournée le plus souvent (soit 16 fois) avant d'etre refugee. C'est la seule planche sans repouse. Les interpretations données sont puériles; une seule fois il fait une reflexion nettement stupide pour son age; c'est à la planche IX qu'il dit, dès qu'il la regarde: "je calcule". Resume du protocole (Übellé selon la terminologie de Mme M. Locli-Ustéri, Geneve)*:

 

 

Remarques: a) en dépit du nombre relativement normal des réponses, on voit l'anarchie des perceptions: 2 G (1 G) pour un nombre trop grand de Dd; cehi souligne le peu d'intelligence du sujet, fait corrobore par: O K; F% 42; 0%=0; b) le type de reaction est celui de l'affectivité désordonnée, primitive, violente; absence de FC, absence de F (C); c) Dans le registre des contenus, on est írappé par l'importance de l'index autosomatique, Anat. 28% (les interpretations anat. sex. predominant). Ce fait contraste avec le grand pourcentage H%36, qui n'est pas, dans ce cas, l'expression d'una adaptabilité sociale, car, on vient de voir que, dans son mode de reaction, les FC manquent totalcment. Nous avons, par centre, des raisons de rapprocher ce grand index anthropomorphique de celui des interpretations anat., et de les mettre en rapport avec des tendances homosexuelles, dont nous avons fait mention a.u cours de l'exposé clinique (sollicilations de jeunes gens à le masturber ou à pratiquer des rapports anaux, sur lui).

Le 20 test de Rorschach a été pratique un an plus tard, à 20 ans. Cette fois-ci, en 10 minutes, il nous a donné seulement 16 réponses (soit environ 50% de la normale). Les planches ont été moins souvent retournées et nous n'avons plus enregistré de refus. Plus encore, e'est précisément la planche X qu'il trouv.i la plus agréable! Aucune inteprétation ne portait, dans la manière de s'exprimer, des stigmates insolites. Presque tout le temps, Roger, se contenta de dire: "e'est ceci, e'est cela"; à quelques reprises, il commença par dire qu'il ne sait pas, il finissait par trouver, sans aucune exhortation de notre part, un element quelcon-que. Voilà le resume du protocole:

 

 

Remarques: a) Petit nombre des réponses; b) désordre dans la correlation existant entre les modes de perception; en effet le rapport G/D de 1/3 normalement, devient ici 1/1; le rapport G/Dd, normalement de 4/1, est ici 1/1; le rapport D/Dd, normalement 12/1, est ici pratiquement 1/1; c) même intelligence limite (F%50 au maximum, absence de K, absence de réponses Orig.); d) au point de vue psychaaffectif, on constate, cette foisci, une sorte d'appauvrissement; e'est la coartation nette; toute (ou presque toute) affectivité violente semble absente (pas de C, CF,), l'affectivité adaptée est, toujours, absente; e) par contre, on note le même symptôme de preoccupation hypochondriaque, autosomatique; ce sont les interpretations Anat. (25%) qui, ensemble avec le trop fort H% de 37 (ceci par rapport aux autres pourcentages), font, à nouveau penser à leur interpretation homosexuelle possible. Encore une fois, il serait à notre sens, déplacé de voir dans cet index, apparemment optimum, une note de sociabilité, chez un suget inintelligent et ne démontrant pas la moindre trace d'affectivite (absence de chromesthésies harmonieuses).

Le test I traduit plus nettement que le II, l'existence d'un element névrotique possible (refus d'une planche, extra-tensivité, pas de chromesthésies de dissocialitc: C et CF, à l'exclusion des FC).

 

COMMENTAIRES

Quels sont les traits essentiels que presente notre malade? Analysons succesivement les données recueillis.

D'abord, Roger est le 5e de 6 enfants, le seul à presenter des troubles mentaux et de comportement. Done, nous ne sommes pas devant une perturbation à caractère hérédo-familial. D'ailleurs, l'interrogatoire des parents est formei (dans la limite ou il est permis d'employer ce terme, en l'absence de données rigoureuses basées sur un arbre généalogique bien établi).

Dans les antecedentes personnels du malade, nous trouvons - les convulsions étant exclues - a l'age de 6 ans, un premier symptôme réputé (à tort ou à raison?) comme névrotique: ce sont les terreurs nocturnes (certains paediâtres n'ont pas hésité à les ranger parmi les formes "dégradées" de la comitialité; idée que nous n'avons pas des raisons suffisantes a admettre). Scolarité primaire acceptable, mais on nous signale dèja, avant l'âge de 14 ans, qu'il se masturbait, qu'il pleu-rait ou chantait sans raison apparente et qu'il eta.it préoccupé avec la question de savoir si ses testicules étaient ou non égaux comme volume. Plus tard (à 16 ans 6) auto-attouchements de Vanus et des matièreà mais cette foisci apparaissent d'autres symptomes: e'est la manie de griffoner sur des petits morceaux de papier, qui finissent par envahir, d'abord les poches de ses vêtements, ensuite les divers endroits de la maison. Ce symptôme, accompagné de marmottements, sans aucun sens ou, au contraire, d'une sorte d'isolement moral, mais passager, finit par delimiter le tableau clinique que presente Roger. Les petits vols qu'il commet sont, néanmoins, peu intéréssants à rapporter para rapport aux gêste s d'escroquerie qu'il a, tout récemment encore, inventée.

En ce qui concerne, tout particulièrement, I'homosexualitc, il est evident pour nous, qu'il s'agit moins d'une homosexualité vraie, que d'une degradation (pervertissement) dü à de mauvaises fréquentations, chez un psychopathe, puerile et peu intelligent.

Dans les deux protocoles rorschachiens, nous avons trouvé un index auto-somatique important, para rapport au nombre des réponses données mais, peut-on faire, de cet element seulement, un stigmate spécifique de l'homosexualité? Nous ne le dirons pas, car il se voit aussi chez de nombreux psychopathes, hypochondriaques divers, enfants porteurs de malformations, chez les prostituées2.

Il nous a semblé - et nous avançons ceei avec toute la prudence qu'implique une afirmation basée sur une seule observation par contre, que le grand pourcentage H (36 et 37%) chez un sujet peu intelligent (O K, F%42-50,0%=0), sans elements d'affectivite harnwnieuse (absence de FC), mais avec un grand Anat.% peut cons-tituer, en quelque sorte, un indice, mettant en garde contre un trop grand interêt pour l'etre humain, et ceci dans le sens péjoratif (dans le contexte d'un profil rorschachien normal, H% est, on le sait, l'indicateur de la sociabilité).

Existe-t-il, un profil rorschachien (ou des stigmates rorschachiens) de l'homosexualite? A notre connaissance, seul le petit travail de Bergmann3 a presente un essai sur cette question. Cet auteur a eu la possibilite d'etudier 20 soldats dont l'homosexualite avait été cliniquement établie. Or, chez ces sujets, les ])rotocoles, montrent: a) un important pourcentage de réponses Anat. sex (21,7%); b) des repenses sex. associées avec des facteus d'anxiete, de tension (CF, surtout) et de details intermaculaires (Ddl.); c) des mouvements humains impliquant un contenu homosexuel; d) dés réponses K (kinesthésies) indiquant une repulsion contre l'element hctéro-sexuel; e) une repugnance fou incapacite?) de distinguer entre une forme masculine ou feminine" f) tendance à voir deux sexes opposes, dans les formes symétriques des planches presentees.

Disons, tout de suite, que cette simple enumeration nous montre de façon evidente, la distance qui separe - en termes rorschachiens - nos propres constatations, de celles de l'auteur cite. Rien dans l'inteprétation de notre sujet, ni dans le langage qu'il a utilise, ne nous permet de le rapprocher, de façon indiscutable, de sujets étudiés par Bergmann. Précisons, toutefois, que l'auteur américain en question est, lui-aussi, três prudent dans ses conclusions finales: "Le test de Rorschach ne peut pas être utilise comme un instrument infaillible pour la detection de l'homosexualite", nous dit-il, três clairement, mais il souligne - à juste raison - l'interet que pourrait presenter l'étude poussée de cette veie.

Quant à l'obsession graphomaniaque, à cette manie d'ecrire des mots ou des lettres pratiquement illisibles, sur de tout petits morceaux de papier; d'en remplir ses poches et - à la longue - les pieces de la maison, nous n'avons pas obtenu de la part du malade aucune "justification". Il comprend aussi peu le sens de cette "activité", que le sens sérieux et grave, de ses recentes escroqueries.

Dans l'important volume que Ossip-Lourié a consacré à la grapho-manie4, nous n'avons pas trouvé des faits pouvant s'appliquer à une meilleure comprehension de notre cas. Cet auteur sait, effectivement, que les paralytiques généraux présentent, parfois, ensemble avec la paragraphia et les divers degrés de dysgraphie (lacunes, absurdités) des poussées de graphorrhée, de graphomanie, mais il reserve la plupart de son ouvrage à l'étude des psychopathes ou des ambitieux - plus ou moins normaux - qui, par une sorte de soif de se faire valoir, écrivent, eomposent et rédigent sans cesse "des travaux", qui doivent assurer - en quelque sorte - leur immortalité!.

Rien de semblable dans notre cas, ou nous nous trouvons devant une activité nuíte, se limitant au gribouillage de lettres et de mots qui n'ont aucun sens. Nous nous sommes demandes, jusqu'a quel il ne s'agit pas là d'une sorte d'arrieration affective jusqu'au stade des graphismes ludiques de la premiere enfance. Cette interpretation pour-rait rejoindre, en quelque sorte, cette autre arricration psycho-sexuallc, dont est atteint notre sujet, qui est dcvcnu un pédéraste (d'apres les parents, il aurait eu des rapports avec des femmes, aussi) et qui, dans ce cas, serait l'expression d'un stade d'indifferenciation sexuclle, pubertaire ou pré-pubertaire. Nous aboutissons ainsi à une vue d'ensemble, qui range Roger parmi les psychopathes, arriéres affectifs.

Etant données les actions anti-sociales de ce sujet et le fait que ses parents s'averent incapables de le garder et de le surveiller en permanence, on comprend facilment que l'internement - a temps-est, actuellement, la seule solution que nous avons pu proposer. Peut-on ou doit-on, au lieu de l'electrochoc, envisager un autre traitement? Nous donnerions volontiers la preference à des essais d'endocrinotherapie (hormothérapie androstéronique) d'abord, car nous nous demandons jusqu'a quel point la convulsothérapie peut améliorer de tels sujets.

 

 

1, Rue Molière - Marseille - France
* G = interpretation globale; D = interprétation d'un détail; Dd = interprétation d'un petit detail; sF = somme des F+, F- et F=; F% - pourcentage des F+ et F±; K = interprétations kinesthésiques; C, CF = interpretations chromesthésiques; V = interprétations vulgaires; O = interprétations originales.

1. Cremieux, A., Schachter, M. e Cotte, S. - L'enfant devenu délínquant. Étude médico-sociale e psychologique. Publication du Comité Français de l'Enfance Deficiente, vol. 3, Marseille, 1945.         [ Links ]
2. Schachter, M. e Mile Cotte, S. - Prostitution féminine et test de Rorschach. Arch. Internat de Neurol., (sous press, 1948).         [ Links ]
3. Bergmann, M. S. - Homosexuality on the Rorschach test. Bull, of the Menninger Clinic., Maio, 1945, pp. 78-84.         [ Links ]
4. Ossip-Lourié - La graphomanie. F. Alcan. Paris, 1920.         [ Links ]

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