SciELO - Scientific Electronic Library Online

 
vol.16 issue2The interdependence between marital and parental subsystems: a person-process-context analysisHurt feelings and personality socialization in the family author indexsubject indexarticles search
Home Pagealphabetic serial listing  

Services on Demand

Journal

Article

Indicators

Related links

Share


Psicologia: Teoria e Pesquisa

Print version ISSN 0102-3772On-line version ISSN 1806-3446

Psic.: Teor. e Pesq. vol.16 no.2 Brasília May/Aug. 2000

http://dx.doi.org/10.1590/S0102-37722000000200003 

Fonction des Comportements Parentaux:
Révision de la Notion de Sensibilité Maternelle1

Catherine Gosselin2
Université de Montréal, Canada

 

 

RÉSUMÉ - Le rôle exercé par la mère dans l'adaptation de l'enfant et la prépondérance des soins maternels prodigués à l'enfant en bas âge représentent une des pierres d'assise de la théorie de l'attachement. Bien que les études empiriques aient largement démontré le lien entre la sécurité de l'attachement et le développement des compétences chez l'enfant, peu d'information sur les comportements liés à la continuité de la fonction parentale est disponible. Dans la perspective d'une meilleure compréhension de la continuité du rôle de protection parentale chez la mère, cet article théorique propose une révision de la sensibilité maternelle selon un modèle de régulation des buts empathiques, socialisants et personnels. La présentation de ce modèle s'appuie sur la théorie de l'attachement élaborée par John Bowlby, sur le concept de sensibilité maternelle développée par Mary Ainsworth et sur le modèle de la régulation des buts parentaux de Théodore Dix.

Mots-clés: sensibilité maternelle; attachement mère-enfant; pratiques éducatives.

Function of Parental Behaviours:
Review of the Concept of Maternal Sensitivity

ABSTRACT - The role of the mother on child adaptation and maternal care during infancy are central to the theory of attachment. Although, numerous studies have shown an association between security of attachment and child development of competencies, data on the continuity of parental function after infancy are rather scant. For a better understanding of the enduring role of parental protection on child development, I propose a revision of the concept of maternal sensitivity that integrate the notion of empathic, social and personal goal regulation. This revision is based upon Bowlby's attachment theory, Ainsworth's maternal sensitivity concept, and Dix's model of maternal goal regulation.

Key words: Maternal sensitivity; mother-child attachment; parental practices.

Função dos Comportamentos Parentais:
Revisão do Conceito de Sensibilidade Materna

RESUMO - O papel exercido pela mãe na adaptação da criança e os cuidados maternos dispensados a ela durante a infância são aspectos centrais para a teoria do apego. Embora os estudos empíricos mostrem uma associação entre o apego seguro e o desenvolvimento de competências na criança, os dados sobre a continuidade da função parental para além do período da infância são, ainda, raros. Visando uma melhor compreensão da continuidade do papel de proteção parental no desenvolvimento da criança, este artigo teórico apresenta uma revisão do conceito de sensibilidade materna que integra a noção de regulação de objetivos pessoais, sociais e empáticos. A revisão efetuada é baseada na teoria do apego desenvolvida por John Bowlby, no conceito de sensibilidade materna de Mary Ainsworth e no modelo de regulação de objetivos parentais de Théodore Dix.

Palavras-chave: sensibilidade materna; apego mãe-criança; práticas educativas.

 

 

Le rôle de l'adulte dans le développement de l'enfant a fait l'objet de nombreux travaux théoriques et empiriques pour identifier les caractéristiques liées à l'adaptation de l'enfant. La diversité des modèles théoriques a permis d'identifier des conduites et des attitudes parentales associées au développement cognitif, affectif et social de l'enfant en fonction de périodes d'âge variées. Les résultats de recherches issus de ces différents modèles théoriques ont contribué à améliorer notre compréhension des phénomènes tout en donnant une vision segmentaire du rôle parental dans le développement de l'enfant. Prenons à titre d'exemple les travaux sur le lien entre l'alcoolisme du père et la consommation d'alcool chez les jeunes (Dobkin, Tremblay, & Sacchitelle, 1997) ou encore les stratégies de contrôle parental et la désobéissance chez les enfants de trois ans (Oldershaw, Walters, & Hall, 1986). La quantité des données sur les caractéristiques associées à un développement adapté et inadapté chez l'enfant suggèrent une interdépendance des différentes composantes développementales (cognitive, affective, sociale et physique). Il apparaît important de proposer un modèle du rôle parental qui rende compte de cette interdépendance. Cet article vise à présenter le rôle parental de la mère selon le modèle théorique de l'attachement et de réviser la notion de sensibilité maternelle.

Modes de fonctionnement des systèmes d'attachement

Le rôle de la mère3 et la prépondérance de la qualité des soins maternels représentent une des pierres d'assise de la théorie de l'attachement mère-enfant. La théorie de l'attachement élaborée par Bowlby (1969, 1973, 1980) met en évidence l'importance du lien émotionnel qui se développe entre un enfant et sa mère pour orienter le développement affectif, cognitif et social du jeune enfant. Ce lien émotionnel permet que l'enfant développe une personnalité adaptée (Cicchetti, Cummings, Greenberg, & Marvin, 1990).

Bowlby (1969) met en évidence deux modes de fonctionnement pour expliquer la relation d'attachement qui se développe entre un enfant et sa mère: l'aspect comportemental et l'aspect représentationnel de l'attachement. Le premier mode de fonctionnement correspond à l'aspect comportemental de l'attachement. L'enfant et la mère possèdent un équipement comportemental de nature biologique qui sert à augmenter les chances de survie de l'enfant. Il s'agit du comportement d'attachement chez l'enfant et du comportement de soin parental chez la mère. Le comportement d'attachement correspond à la recherche ou au maintien de la proximité avec la mère (ex. s'agripper) qui se manifeste plus particulièrement lors des situations stressantes. Le comportement de soin parental consiste à répondre aux signaux manifestés par l'enfant (ex. prendre dans les bras).

Bowlby (1969) propose que le comportement d'attachement est inclus à l'intérieur d'un système d'attachement. Il suggère que le bébé maintient la proximité avec la mère au moyen de systèmes rectifiés quant au but qui permettent d'atteindre un équilibre entre l'exploration de l'environnement par l'enfant et la recherche de proximité avec la mère. Ces systèmes d'attachement et de soin parental remplissent la même fonction: protection et sécurité; ils sont complémentaires et asymétriques. En raison du lien émotionnel qui les unit, l'enfant et la mère ressentent de la détresse si la distance qui les sépare est trop grande. Dans un tel cas, les systèmes de comportements s'activent. L'enfant a recours à la mère pour obtenir le réconfort dont il a besoin pour poursuivre l'exploration de l'environnement. En revanche, la mère discrimine les éléments de l'environnement qui représentent une menace; sans restreindre les tentatives d'exploration de l'enfant, elle s'alarme au moment d'un danger et se calme une fois la menace passée (Bretherton, Biringen, & Ridgeway, 1991). Quatre conditions sont à l'origine de l'activation du comportement d'attachement: (a) l'état de l'enfant (ex. faim, peur, fatigue), (b) l'endroit où se trouve la mère par rapport à l'enfant (ex. près de l'enfant, hors de son champ de vision), (c) le comportement qu'elle manifeste (ex. encourage - décourage la proximité) et (d) les conditions environnementales (ex. événements inquiétants, lieu inhabituel). Il semble ici nécessaire d'ajouter que le comportement parental chez la mère se caractérise par un sens aigu de responsabilités en regard de la protection de l'enfant et par la distribution inégale de l'autorité et des ressources au sein de la dyade mère-enfant (Newman & Newman, 1988).

Le second mode de fonctionnement concerne l'aspect représentationnel de l'attachement et fait référence à la construction des modèles opérationnels internes. Bowlby (1973) suggère que ces modèles, presque totalement insconscients, sont de nature expérientielle. Ils servent d'une part, à développer une confiance de base chez l'individu et d'autre part, à interpréter les événements présents et à planifier les actions futures. Les modèles opérationnels internes correspondent à des représentations mentales inconscientes caractérisées par des composantes affectives et cognitives en vue de guider le comportement (Main, Kaplan, & Cassidy, 1985). Bretherton, Ridgeway et Cassidy (1990) insistent sur l'importance de la flexibilité des modèles opérationnels internes pour favoriser l'adaptation chez l'humain. La construction des modèles opérationnels internes relativement à l'attachement débute très tôt dans la vie pour se stabiliser au cours de l'adolescence. Ils se construisent à l'aide des informations emmagasinées quant au degré d'accessibilité de la mère lorsque l'enfant manifeste un besoin de protection ou de réconfort. Les modèles internes représentent, en quelque sorte, les deux côtés de l'attachement (Sroufe & Fleeson, 1986), c'est-à-dire les comportements de l'enfant et ceux du parent. Ils comprennent le Soi, l'Autre et la relation Soi-Autre (Sroufe, 1988).

Selon Bowlby (1973), les modèles opérationnels internes constituent le mécanisme de transmission intergénérationnelle de la qualité de l'attachement mère-enfant. À cet égard, des études montrent un lien entre la qualité de la cohérence du récit des mères au sujet de leur histoire d'attachement passé et présent et la qualité de l'attachement de leur enfant (Main et al., 1985; Posada, Waters, Crowell, & Lay, 1995; van Ijzendoorn, 1995; van Ijzendoorn, Schuengel, & Bakermans-Kranenburg, 1999).

Pour expliquer l'ontogénèse de l'attachement humain, Bowlby (1969) s'appuie sur l'immaturité de l'enfant à la naissance et sur la lenteur de son développement. Il suggère que le développement de l'attachement s'effectue selon quatre phases. La première phase concerne l'orientation et les signaux sans discrimination de figure. À cette étape, les compétences discriminantes du nourrisson (0 à 12 semaines) ne sont pas encore développées. Toutefois, il possède un répertoire comportemental qui influence le comportement de l'adulte et par conséquent augmente la durée du temps de proximité physique avec ce dernier. La deuxième phase correspond à l'orientation et aux signaux dirigés vers une ou plusieurs figures discriminantes. Cette phase se caractérise plus particulièrement par les réponses différentielles du bébé (12 semaines à 6 mois) eu égard aux stimuli visuels et auditifs émis par la mère. La troisième phase fait référence au maintien de la proximité avec la figure discriminée au moyen de la locomotion aussi bien qu'à l'aide des signaux (ex. pleurs, cris). Les habiletés de locomotion et l'augmentation des comportements dans le répertoire du bébé (7 mois à 30 mois) lui permettent de suivre la mère au moment de son départ et de manifester du contentement à son retour. Enfin, la quatrième phase concerne la formation d'une association rectifiée quant au but que nous appellerons relation de partenariat. Au cours de cette phase, les compétences cognitives et langagières de l'enfant (3 ans et plus) lui permettent d'acquérir une compréhension intuitive des sentiments et des motivations de la mère; la relation mère-enfant se complexifie et devient réciproque.

Fonction de la protection maternelle et le concept de sensibilité

Selon Bowlby (1969) la qualité de l'attachement de l'enfant est tributaire des réponses manifestées par la mère. Cependant, l'essentiel de la théorie porte sur les modes de fonctionnement et les phases développementales de l'attachement eu égard aux comportements de l'enfant. Outre l'explication de la psychopathologie par l'absence de la mère au cours des premières années de vie jusqu'à onze ans et par les stratégies éducatives abusives, la description des comportements de soin parental effectuée par Bowlby (1969, 1973, 1980) demeure incomplète. Cependant, il propose que le rôle de la mère consiste à servir de base sécurisante à partir de laquelle l'enfant explore librement son environnement et vers qui il retourne pour obtenir réconfort et sécurité.

La régulation du système d'attachement de l'enfant (équilibre entre exploration et proximité) dépend des réponses de la mère quant aux besoins de réconfort et de sécurité exprimés par l'enfant. À cet égard, Ainsworth, Blehar, Waters et Wall (1978) ont opérationnalisé les comportements de soin parental manifestés par la mère selon le concept de sensibilité maternelle. Ce concept fait référence à l'écoute des besoins physiques et émotifs du bébé, à la promptitude et à l'efficacité des réponses maternelles en regard des besoins exprimés par le bébé. L'observation des interactions mère-enfant, en milieu naturel et à l'aide d'une situation expérimentale (i.e., Situation d'Étrangeté), a permis d'identifier chez les bébés des différences individuelles. Ces différences s'observent par une variété de comportements déployés par l'enfant dans sa quête de sécurité ou de réconfort auprès de la mère. Ces manifestations ont permis d'élaborer une typologie pour classifier les comportements d'attachement chez le bébé. Il s'agit de l'attachement sécure, insécure-évitant, insécure-ambivalent (Ainsworth et al., 1978) et insécure-désorganisé-désorienté (Main & Solomon, 1986, 1990).

Le lien entre la qualité de l'attachement et les comportements de sensibilité manifestés par la mère a été démontré par plusieurs travaux empiriques. À la petite enfance, la sensibilité maternelle est associée à la sécurité de l'attachement (Ainsworth et al., 1978; De Wolff & van Ijzendoorn, 1997; Moran, Pederson, Pettit, & Krupka, 1992). À l'inverse, un manque de sensibilité maternelle, qui se traduit sur le plan comportemental par un style maternel rejetant, inconsistant ou négligent, est associé à l'insécurité de l'attachement (Crittenden, 1992; Cummings & Cicchetti, 1990). Les travaux sur la maltraitance envers les enfants montrent que les mères abusives manifestent du contrôle et de l'hostilité alors que les mères négligentes ne répondent pas aux demandes de l'enfant (Crittenden, 1981).

Pour la période de la petite enfance, la littérature sur la sensibilité maternelle est surtout axée sur l'importance des réponses affectives exprimées par la mère (Bretherton, 1980; Sroufe, 1988). Cependant, d'autres chercheurs (Ignjatovic-Savic, Kovac-Cerovic, Plut, & Pesikan, 1988) suggèrent que la sensibilité maternelle comporte à la fois des réponses aux besoins émotionnels et à la fois des réponses aux besoins cognitifs du bébé. Ces auteurs proposent que le type de réconfort offert par la mère doit nécessairement comporter une composante cognitive en plus d'une composante affective. Ils donnent l'exemple suivant: un bébé joue avec une petite boîte qui s'ouvre et se ferme, le bébé ferme la boîte et ne peut l'ouvrir, il se met donc à pleurer. Selon Ainsworth et ses collaborateurs (1978), la mère sensible prend le bébé dans ses bras et le console (elle répond avec efficacité aux besoins émotionnels du bébé). En revanche, pour Ignjatovic-Savic et ses collaborateurs (1988), la mère sensible prend le bébé dans ses bras, le console et lui apprend à ouvrir la boîte (elle répond avec efficacité aux besoins émotionnels et cognitifs du bébé).

Or, l'évaluation du lien entre la sensibilité maternelle et les habiletés cognitives de l'enfant n'a pas été effectuée auprès des bébés avant l'âge de 24 mois. D'ailleurs, plusieurs études consistent à démontrer la valeur prédictive de la sensibilité maternelle envers le bébé en regard de la qualité de l'attachement et du développement des compétences à l'âge préscolaire et scolaire (Arend, Gove, & Sroufe, 1979; Bradley, Caldwell, & Rock, 1988; Bretherton, Bates, Benigni, Camaioni, & Volterra, 1979; Bus & van Ijzendoorn, 1988; Crittenden & Bonvillian, 1984; Goldberg & Easterbrook, 1984; Isabella, 1993; Matas, Arend, & Sroufe, 1978; Sroufe & Fleeson, 1986; Stevenson-Hinde & Shouldice, 1995; van der Veer & van Ijzendoorn, 1988).

L'importance de l'adéquation des comportements de la mère pour l'adaptation de l'enfant amène les chercheurs à évaluer la continuité de la sensibilité maternelle à l'aide de mesures variées. Par exemple, l'étude de Pianta, Sroufe et Egeland (1989) révèle l'existence de corrélations positives entre trois mesures de comportement maternel. La première mesure correspond à la sensibilité maternelle évaluée lors d'une période de jeu et au moment de l'allaitement (bébé de 6 mois). La seconde mesure est prise lors d'une tâche de résolution de problème. À ce moment de l'étude, la sensibilité maternelle est évaluée en fonction de la qualité du soutien eu égard à l'enseignement de règles à suivre et des habiletés nécessaires pour que l'enfant de deux ans réussissent la tâche. Enfin, la troisième mesure porte sur la qualité de l'aide apportée à l'enfant (42 mois) dans une tâche conjointe de résolution de problème. Les résultats montrent une correspondance entre les comportements de la mère et la qualité des soins maternels pour les trois périodes d'évaluation.

Ces données empiriques confirment l'importance des aspects affectif et cognitif du rôle maternel dans le développement de l'enfant. Cependant, elles introduisent des définitions variées de la sensibilité maternelle et correspondent partiellement à la fonction des comportements de soin parental suggérée par Bowlby (1969, 1973, 1980). Il faut rappeler que la fonction biologique des comportements d'attachement du bébé et de soin parental chez la mère consiste à assurer la protection et à fournir la sécurité à l'enfant. Les deux systèmes de comportements proposés par Bowlby (1969) nous semblent utiles bien au-delà de la période de la petite enfance. Il est peu probable que l'enfant d'âge préscolaire ou scolaire ait développé les compétences nécessaires pour assumer lui-même sa protection (Cicchetti, Cummings, Greenberg, & Marvin, 1990). D'ailleurs, des observations cliniques effectuées par Lieberman et Pawl (1990), auprès des enfants qui manifestent des comportements téméraires ou une propension aux accidents, mettent en évidence l'inadéquation des comportements de la mère à agir à titre de protectrice. La non-disponibilité de la mère ou la force du rejet maternel semble produire un déséquilibre dans le système d'attachement et favoriser une seule dimension: l'exploration de l'environnement. Ces auteures soulignent que l'intériorisation des conduites sécuritaires dépend de la compétence maternelle à protéger l'enfant en lui offrant un soutien pour l'exploration de l'environnement en plus d'être disponible pour le réconforter et veiller à sa sécurité.

L'intériorisation des conduites sécuritaires est certes nécessaire pour la survie physique de l'enfant humain. Toutefois, le développement d'une personnalité adaptée nous apparaît tout aussi nécessaire. Cette constatation soulève la question des compétences liées à la survie physique et sociale de l'enfant. À cet égard, Dumont et Moss (1992) proposent que la fonction biologique de protection de l'enfant va au-delà de ce qui est proposé par Bowlby (1969). Les auteures suggèrent que:

le système d'attachement humain, en favorisant l'acquisition d'habiletés métacognitives via une relation sécure et une conduite maternelle sensible aux signaux de l'enfant, peut remplir une fonction adaptative en équipant l'enfant des habiletés collaboratives pour la cohésion des groupes, voire même la dominance dans des groupes d'activités. (p.386)

Les études sur la relation entre les styles d'étayage maternel et la sécurité de l'attachement des enfants d'âge préscolaire offrent des appuis à leur hypothèse. Ces travaux mettent en évidence l'importance du rôle des mères dans l'établissement d'un climat affectif pour favoriser le développement des habiletés cognitives et métacognitives (Moss, Gosselin, Parent, & Dubeau, 1993; Moss, Gosselin, Parent, Rousseau, & Dumont, 1997; Moss, Parent, Gosselin, & Dumont, 1993; Strayer & Moss, 1989; van der Veer & van Ijzendoorn, 1988). À l'âge préscolaire, les mères des enfants, dont la sécurité de l'attachement est élevée, ajustent davantage leurs instructions en fonction des besoins cognitifs et affectifs de l'enfant et lui transfèrent graduellement la responsabilité de la supervision et de l'exécution de la tâche comparativement aux mères d'enfants dont la sécurité de l'attachement est faible (Parent & Moss, 1995). De plus, dans un contexte de collaboration avec une adulte étrangère, les enfants dont la sécurité de l'attachement est élevée manifestent davantage de comportements pertinents à la tâche et de stratégies métacognitives en comparaison avec des enfants dont la sécurité de l'attachement est faible.

Ces résultats indiquent que le style d'enseignement maternel est médiatisé par la qualité de l'attachement mère-enfant. La sécurité de l'attachement permet à l'enfant, dans un contexte non-familier de collaboration avec une personne étrangère, d'utiliser ses compétences sans diminuer la performance métacognitive (Moss et al., 1997). Outre la qualité de l'attachement, le développement des habiletés métacognitives prépare l'enfant à réussir dans le domaine scolaire (Kurtz & Borkowski, 1987) et en retour peut entraîner une augmentation de ses chances de succès sur le plan professionnel. Ainsi, les habiletés associées à la capacité d'autoprotection chez l'enfant peuvent correspondre au développement des compétences cognitives et métacognitives. D'une part, elles favorisent le succès académique et d'autre part, elles facilitent l'affiliation avec les pairs non seulement par l'acquisition des compétences mais aussi par la reconnaissance de ces compétences par les pairs.

L'hypothèse de Dumont et Moss (1992) à l'effet que les compétences métacognitives répondent à la fonction de protection en améliorant la collaboration représente une explication intéressante au rôle de protection assumé par la mère. Cependant, elle ne comporte pas la dimension de l'apprentissage des règles sociales. Afin que l'enfant évolue hors de la vue de la mère et que cette séparation soit tolérable pour la dyade mère-enfant, il ne suffit pas pour l'enfant d'assumer uniquement un rôle de dominance dans le groupe de pairs via le développement des compétences métacognitives. Il semble aussi nécessaire (a) que la mère évalue l'adéquation de l'environnement extra-familial (i.e., que l'enfant reçoive les soins nécessaires et les stimulations qui lui permettent de faire des apprentissages) et (b) que la mère ait confiance que l'enfant aura recours aux conduites sécuritaires intériorisées en plus de se comporter en conformité avec les valeurs véhiculées par la société (ex. collaborer, prendre sa place, partager avec autrui, etc). Ces considérations laissent supposer que le rôle de protection ne se limite pas uniquement à fournir un environnement adéquat afin que le rejeton arrive à pleine maturité physique (nourriture, abri) et à faire l'étayage des habiletés métacognitives. Il consiste en plus à enseigner à l'enfant les comportements valorisés par la société, lui permettant de s'adapter plus facilement à la vie académique et sociale. La quête d'autonomie faite par l'enfant d'âge préscolaire et scolaire nécessite un changement dans le style de soins maternels.

Pour rendre compte de l'accroissement des compétences de l'enfant au cours de la période préscolaire, il faut rappeler que Bowlby (1969) suggère la transformation de la relation d'attachement en une relation de partenariat mère-enfant. La relation de partenariat se caractérise par la négociation de buts et de plans communs entre l'enfant et la mère. La relation de partenariat qui se construit à partir des nombreuses interactions entre l'enfant et sa mère est facilitée par le développement des compétences langagières et cognitives de l'enfant. Cette période se distingue par un nombre élevé de conflits entre le parent et l'enfant. Greenberg et Speltz (1988) soulignent que le caractère distinctif du mode de négociation des conflits semble avoir un impact sur la qualité de la relation mère-enfant. Ils ajoutent qu'un des buts qui caractérisent la relation mère-enfant à la période préscolaire concerne le développement de stratégies visant à promouvoir l'autonomie. Ces stratégies permettent à l'enfant et à la mère d'accéder à une mutualité et à une réciprocité progressive de la régulation relationnelle. De plus, la quête d'autonomie par l'enfant favorise le développement d'une conscience de soi et des autres et facilite l'élaboration de buts et de plans communs avec autrui (Greenberg & Speltz, 1988).

Le partenariat mère-enfant s'établit dans une relation asymétrique et l'importance de la négociation, nettement marquée à la période préscolaire, laisse supposer que le style maternel joue un rôle déterminant dans le succès des échanges dyadiques. À cet égard, la mère sensible devrait identifier les enjeux de la négociation pour permettre à chacun des partis de trouver un avantage à la communication. Or, Sroufe (1988) fait une mise en garde contre la confusion possible associée au rôle de la mère en raison de la multiplicité des fonctions qu'elle assume à l'intérieur de la relation mère-enfant. Il rappelle que la relation d'attachement correspond à une dimension, parmi plusieurs, qui caractérise le lien mère-enfant. Par exemple, la mère peut jouer le rôle d'enseignante, de compagne de jeu, d'agent de socialisation ou encore celui de base sécurisante à partir de laquelle l'enfant va explorer l'environnement et vers qui il va pour obtenir le réconfort nécessaire à la poursuite de l'exploration. Toutefois, Seifer et Schiller (1995) proposent que la régularité avec laquelle la mère assiste l'enfant lors des tâches quotidiennes et la sensibilité qu'elle témoigne lorsqu'elle pose des limites correspondent à des habiletés qui contribuent à maintenir la base de sécurité.

La divergence des positions adoptées par les auteurs peut être partiellement résolue en précisant les comportements de soin maternel liés à la fonction de protection parentale suggérée par Bowlby (1969). Nous suggérons ici, que le rôle joué par le parent, en l'occurrence la mère, à titre de protectrice consiste à répondre aux besoins physique, affectif, cognitif et social de l'enfant. Après la période 0-2 ans, la fonction biologique de protection du parent consiste aussi à agir à titre de base de sécurité et d'agent de socialisation afin que le développement de l'enfant s'effectue en harmonie avec les règles véhiculées par la société. Greenberg et Speltz (1988) proposent à ce sujet que la mère sensible aux besoins de l'enfant, établit des limites claires tout en continuant de manifester des comportements affectueux et chaleureux pour soutenir l'enfant dans sa quête d'autonomie et dans le développement de l'autocontrôle. Ces deux aspects du développement constituent un défi spécifique à la période préscolaire (Sroufe, 1989) et exigent que la mère guide l'exploration de l'enfant en tenant compte de l'environnement social dans lequel la dyade évolue (Schneider-Rosen, 1990).

Pratiques éducatives et objectifs poursuivis par les mères

L'étude du comportement de protection maternelle pour la période préscolaire nécessite l'utilisation des connaissances provenant des travaux s'appuyant, entre autres, sur le modèle théorique de l'apprentissage social. Plusieurs études sur les pratiques éducatives mettent en évidence la variabilité des comportements parentaux associés à la socialisation de l'enfant, soit l'intériorisation des normes et des valeurs véhiculées par la société (Baumrind, 1967, 1971; Grusec & Kuczynski, 1980; Hoffman, 1977; Maccoby, 1992; Renshaw & Gardner, 1990). Les pratiques associées au rôle de protection maternelle, notamment l'enseignement des règles sociales (Hoffman, 1984) ou des conduites sécuritaires (Lieberman & Pawl, 1990) semblent non seulement varier en fonction du contexte mais aussi en fonction des buts poursuivis par la mère. Par exemple, Kuczynski (1984) montre que la mère varie ses pratiques éducatives en fonction des contextes d'interventions, elle n'hésite pas à utiliser des techniques de contrôle dans les situations qui exigent une obéissance immédiate de la part de l'enfant. À l'inverse, la mère utilise plutôt des techniques de raisonnement (enseignement, discussion, explication) qui favorisent l'intériorisation des informations pour que l'enfant puisse y recourir au moment opportun (obéissance ultérieure). Le rôle de protection, qu'il soit associé à l'enseignement des règles sociales ou à l'intériorisation des conduites sécuritaires, semble non seulement varier en fonction du contexte, mais aussi en fonction des buts poursuivis par la mère.

À cet égard, Dix (1992) propose un modèle de régulation des buts qui consiste à traiter l'information à partir des composantes cognitives, affectives et comportementales issues des interactions entre la mère et l'enfant. Ainsi, le but poursuivi par la mère détermine l'information qu'elle utilise pour évaluer la situation qui, en retour, lui fait ressentir une émotion et déclenche un comportement. L'auteur propose trois types de buts associés aux pratiques éducatives parentales: les buts empathiques, socialisants et personnels. Les buts empathiques et les buts socialisants représentent les considérations parentales en regard des besoins et des défis développementaux de l'enfant. Les buts empathiques visent à prendre la perspective de l'enfant pour lui faciliter la tâche et pour lui faire plaisir. Les buts de socialisation font référence au contrôle ou à la discipline parentale sans nécessairement comporter un aspect agréable pour l'enfant (ex. le partage des objets représente un comportement prosocial, mais il n'est pas toujours facile de partager pour un enfant d'âge préscolaire). Enfin, les buts personnels concernent prioritairement les objectifs du parent et visent son bien-être.

Ce modèle de régulation des buts parentaux reflète le caractère dynamique qui distingue les relations interpersonnelles contrairement aux modèles plus traditionnels qui sont proposés pour expliquer les styles parentaux (ex. autoritaire, permissif et démocratique: Baumrind, 1971). Le modèle Dixien suppose que le parent possède plusieurs stratégies éducatives déterminées par l'évaluation qu'il fait de la situation dans laquelle se trouvent les acteurs de l'événement. En revanche, les modèles utilisés pour expliquer les styles parentaux suggèrent que le parent utilise le même type de stratégies éducatives sans discrimination contextuelle apparente. Selon Dix (1992), l'efficacité des pratiques éducatives repose sur la primauté des buts empathiques. Le lien émotionnel qui se développe entre le parent et son enfant éveille l'empathie du parent et lui permet de manifester des conduites sensibles aux besoins de l'enfant. La prédominance des buts empathiques conduit le parent à scruter l'environnement afin d'identifier les éléments qui peuvent entraver le bien-être de l'enfant. Dix s'appuie sur les travaux en attachement pour montrer que la sensibilité maternelle se caractérise par un degré élevé de réponses empathiques. Plus précisément, il mentionne que les mères très empathiques sont plus sensibles aux signaux émis par le bébé en comparaison des mères non-empathiques. Cependant, le lien entre la relation d'attachement et la régulation des buts parentaux, jusqu'à ce jour sauf erreur, n'a pas fait l'objet de vérification empirique.

Révision du concept de sensibilité maternelle

À partir du modèle de régulation des buts parentaux proposé par Dix (1992), il est possible de rendre compte de la continuité du rôle parental en révisant la notion de sensibilité maternelle. En s'appuyant sur cette perspective, nous proposons que la sensibilité maternelle, telle que définie par Ainsworth et ses collaborateurs (1978), correspond à la prépondérance des buts empathiques. En raison de l'immaturité physique, cognitive et sociale du bébé, il semble préférable que la mère poursuive des buts empathiques afin d'assurer la survie du bébé. Toutefois, un changement doit se produire relativement à la régulation des buts parentaux à la période préscolaire et scolaire. La participation de l'enfant à un milieu extra-familial (ex. garderie, école) exige que la mère favorise le développement des compétences nécessaires à l'adaptation de l'enfant à son nouveau milieu. Pour jouer son rôle de protectrice, la mère doit continuer d'être sensible aux besoins de l'enfant visant un équilibre dans la poursuite de buts empathiques et socialisants. En demeurant empathique, la mère sensible crée un climat affectif propice à l'apprentissage (Moss, 1992) et favorise la mise en place de limites claires (Greenberg & Speltz, 1988). Cet équilibre entre les buts empathiques et socialisants nous semble aussi approprié pour la période de l'adolescence. La mère laisse à l'adolescent une plus grande liberté, mais elle demeure une source de réconfort (buts empathiques) et continue d'agir à titre d'agent de socialisation (buts socialisants) de telle sorte que l'asymétrie de la relation mère-enfant s'atténue pour laisser place à un partenariat égalitaire. Enfin, ce modèle de sensibilité maternelle s'applique aux situations qui nécessitent une réponse aux besoins physique, affectif, cognitif et social de l'enfant, la généralisation de la poursuite d'un but exclusif ne s'avèrerait pas être une conduite optimale pour l'adulte.

Le modèle de sensibilité maternelle présenté dans cet article s'inspire de la théorie de l'attachement (Bowlby, 1969, 1973, 1980), du concept de sensibilité maternelle (Ainsworth et al., 1978) et du modèle de régulation des buts parentaux (Dix, 1992). Cette révision de la sensibilité maternelle permet de montrer l'importance de la continuité de la fonction du rôle parental chez la mère et de l'attachement chez l'enfant. Le processus maturationnel de l'enfant dure plusieurs années (Cicchetti et al., 1990) et englobe le développement des habiletés d'autoprotection physique, affective et sociale. L'augmentation des compétences de l'enfant et la capacité de la mère à identifier les défis en regard du développement de l'enfant seraient susceptibles de permettre à la dyade mère-enfant d'évoluer et de passer d'une relation asymétrique à une relation symétrique. D'un point de vue développemental, il importe de préciser le rôle du comportement maternel associé à la qualité de l'attachement mère-enfant au-delà de la petite enfance. Il est possible d'inférer que les interactions mère-enfant, antérieures à l'adolescence, constituent une source importante d'influence dans la construction des modèles opérationnels internes qui selon Sroufe (1988) ne se stabilisent qu'au cours de l'adolescence. La construction des modèles opérationnels internes pourrait s'appuyer sur la qualité de l'attachement et sur les expériences de socialisation de nature disciplinaire (Grusec, Hastings, & Mamonne, 1994).

Une étude longitudinale est donc nécessaire afin d'évaluer le changement qui s'opère dans la poursuite des buts parentaux en fonction des besoins de l'enfant tout au long de son développement. Une telle étude devrait aussi servir à identifier le ou les mécanismes responsables de la transmission intergénérationnelle de la sécurité de l'attachement. À ce sujet, des études ont montré l'existence d'un lien entre la relation d'attachement passée et présente chez la mère et la qualité de l'attachement de son enfant à la période de la petite enfance (van Ijzendoorn, 1995) , à la période préscolaire (Posada et al., 1995) et à la période scolaire (Main et al., 1985). Les modèles opérationnels internes se construisent à partir de la régularité de la mère à agir comme base de sécurité pour l'enfant. Dans la mesure ou l'on accepte que le rôle de protection maternelle dépasse la survie physique de l'enfant, l'étude de la qualité des réponses données par la mère devrait inclure les pratiques de socialisation exercées dans certaines situations, par exemple la négociation mère-enfant lors des périodes de transitions quotidiennes (ex. heure des repas, du bain, du coucher, des devoirs, des sorties, etc). Il est possible de considérer que les expériences vécues teintent les modèles opérationnels internes relativement à la relation d'attachement.

Enfin, il serait important de préciser les avantages et les désavantages associés au rôle parental chez la mère elle-même. Bien que Bowlby (1969) propose que la fonction du comportement parental concerne la survie de l'enfant, il semble que le parent conserve son rôle de responsable de la sécurité et du bien-être de l'enfant une fois ce dernier rendu à pleine maturité. Une explication possible est apportée par Cicirelli (1991) qui mentionne que le but ultime de l'attachement dépasse largement le seul fait d'être protégé par la mère jusqu'au moment où l'enfant assume lui-même sa survie. Il suggère que le parent continue à soutenir l'enfant après la maturité dans le but de lui fournir la possibilité d'une adaptation optimale à l'environnement et de contribuer en retour à la survie de l'héritage génétique familial. Pour terminer, cet article propose un modèle de sensibilité maternelle développé principalement sur les notions proposées par Bowlby (1969, 1973, 1980). D'autres efforts au plan théorique et empirique seront nécessaires afin d'élargir ce concept pour expliquer le rôle parental exercé tant par la mère que par le père en fonction de la diversité des contextes familiaux (voir Early Child Care Research Network-NICHD, 2000).

 

Références

Ainsworth, M. D. S., Blehar, M., Waters, E., & Wall, S. (1978). Patterns of attachment. Hillsdale, NJ: Lawrence Erlbaum.         [ Links ]

Arend, R., Gove, F., & Sroufe, L. A. (1979). Continuity of individual adaptation from infancy to kindergarten. A predictive study of ego-resiliency and curiosity in preschoolers. Child Development, 50, 950-959.         [ Links ]

Baumrind, D. (1967). Child care practices anteceding three patterns of preschool behavior. Genetic Psychological Monographs, 75, 43-88.         [ Links ]

Baumrind, D. (1971). Current patterns of parental authority. Developmental Psychology Monograph, 4 (1), 1-103.         [ Links ]

Bowlby, J. (1969). Attachment and loss: Vol 1. Attachment. New York: Basic Books.         [ Links ]

Bowlby, J. (1973). Attachment and loss: Vol 2. Separation. New York: Basic Books.         [ Links ]

Bowlby, J. (1980). Attachment and loss: Vol 3. Loss, sadness and depression. New York: Basic Books.         [ Links ]

Bradley, R. H., Caldwell, B. M., & Rock, S. L. (1988). Home environment and school performance. A ten-year follow-up and examination of three models of environmental action. Child Development, 59, 852-867.         [ Links ]

Bretherton, I. (1980). Young children in stressful situations: The supporting role of attachment figures and unfamiliar caregivers. In G.V. Coelho & P. Ahmed (Eds.), Uprooting and development (pp. 179-210). New York: Plenum.         [ Links ]

Bretherton, I., Bates, E., Benigni, L., Camaioni, L., & Volterra, V. (1979). Relationships between cognition, communication, and quality of attachment. In E. Bates, L. Benigni, I. Bretherton, L. Camaioni, & V. Volterra (Eds.), The emergence of symbols (pp. 223-269). New York: Academic Press.         [ Links ]

Bretherton, I., Biringen, Z., & Ridgeway, D. (1991). The parental side of attachment. In K. Pillemwe & K. McCartney (Eds.), Parent-child relations throughout life (pp. 1-24). Hillsdale, NJ: Lawrence Erlbaum.         [ Links ]

Bretherton, I., Ridgeway, D., & Cassidy, J. (1990). Assessing internal working models of the attachment relationships: An attachment story completion task for 3-year-olds. In M. T. Greenberg, D. Cicchetti, & E. M. Cummings (Eds.), Attachment in the preschool years. Theory, research, and intervention (pp. 273-308). Chicago: The University of Chicago Press.         [ Links ]

Bus, A. G., & van Ijzendoorn, M. H. (1988). Attachment and early reading: A longitudinal study. Journal of Genetic Psychology, 149, 199-210.         [ Links ]

Cicchetti, D., Cummings, M. E., Greenberg, M. T., & Marvin, R. S. (1990). An organizational perspective on attachment beyond infancy: Implications for theory, measurement, and research. In M. T. Greenberg, D. Cicchetti, & E. M. Cummings (Eds.), Attachment in the preschool years. Theory, research, and intervention (pp. 3-49). Chicago: The University of Chicago Press.         [ Links ]

Ciccirelli, V. G. (1991). Attachment theory in old age: Protection of attached figure. In K. Pillemer & K. McCartney (Eds.), Parent-child relations througout life (pp. 25-91). Hillsdale, NJ: Lawrence Erlbaum.         [ Links ]

Crittenden, P. M. (1981). Abusing, neglecting, problematic, and adequate dyads: Differentiating by patterns of interaction. Merrill-Palmer Quaterly, 27, 201-218.         [ Links ]

Crittenden, P. M. (1992). Quality of attachment in the preschool years. Development and Psychopathology, 5, 331-344.         [ Links ]

Crittenden, P. M., & Bonvillian, J. D. (1984). The relationship between maternal risk status and maternal sensitivity. American Journal of Orthopsychiatry, 52, 250-262.         [ Links ]

Cummings, E. M., & Cicchetti, D. (1990). Toward a transactional model of relations between attachment and depression. In M. T. Greenberg, D. Cicchetti, & E. M. Cummings (Eds.), Attachment in the preschool years. Theory, research, and intervention (pp. 339-374). Chicago: The University of Chicago Press.         [ Links ]

De Wolff, M. S., & van Ijzendoorn, M. H. (1997). Sensitivity and Attachment: A meta-analysis on parental antecedents of infant attachment. Child Development, 68, 571-591.         [ Links ]

Dix, T. (1992). Parenting on behalf of the child: Empathic goals in the regulation of responsive parenting. In I. E. Sigel, A. V. McGillicuddy-DeLisi, & J. J. Goodnow (Eds.), Parental belief systems: The psychological consequences for children (2nd ed., pp. 319-346). Hillsdale, NJ: Lawrence Erlbaum.         [ Links ]

Dobkin, P. L., Tremblay, R. E., & Sacchitelle, C. (1997). Predicting boys' early-onset substance abuse from father's alcoholism, son's disruptiveness, and mother's parenting behavior. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 65, 86-92.         [ Links ]

Dumont, M., & Moss, E. (1992). Influence de l'affectivité sur l'activité cognitive des enfants. Enfance, 4, 375-404.         [ Links ]

Early Child Care Research Network-NICHD (2000). Factors Associated with fathers' caregiving activities and sensitivity with young children. Journal of Family Psychology, 14, 200-219.         [ Links ]

Goldberg, W. A., & Easterbrooks, M. A. (1984). The role of marital quality in toddler development. Developmental Psychology, 20, 504-514.         [ Links ]

Greenberg, M. T., & Speltz, M. L. (1988). Attachment and the ontogeny of conduct problems. In J. Belsky & T. Nezworski (Eds.), Clinical implications of attachment (pp. 177-218). Hillsdale, NJ: Lawrence Erlbaum.         [ Links ]

Grusec, J. E., Hastings, P., & Mammone, N. (1994). Parenting cognitions and relationship schemas. In W. Damon (Series Ed.) & J. G. Smetana (Vol. Ed.), New directions for child development: Vol. 66. Beliefs about parenting: Origins and developmental implications (pp. 5-20). San Francisco: Jossey Bass.         [ Links ]

Grusec, J. E., & Kuczynski, L. (1980). Direction of effect in socialization: A comparison of the parent's versus the child's behavior as determinants of disciplinary techniques. Developmental Psychology, 16, 1-9.         [ Links ]

Hoffman, L. W. (1977). Changes in family roles, socialization, and sex differences. American Psychologist, 32, 644-657.         [ Links ]

Hoffman, L. W. (1984). Work, family, and the socialization of the child. In R. D. Parke (Ed.), The family: Review of child development research (Vol. 7, pp. 223-282). Chicago: University of Chicago Press.         [ Links ]

Ignjatovic-Savic, N., Kovac-Cerovic, T., Plut, D., & Pesikan, A. (1988). Social interaction in early childhood and its developmental effects. In J. Valsiner (Ed.), Child development within culturally structured environments: Volume 1. Parental cognition and adult-child interaction (pp. 89-158). Norwood, NJ: Ablex.         [ Links ]

Isabella, R. A. (1993). Origins of attachment: Maternal interactive behavior across the first year. Child Development, 62, 373-384.         [ Links ]

Kuczynsky, L. (1984). Socialization goals and mother-child interaction: Strategies for long-term and short-term compliance. Developmental Psychology, 20, 1061-1073.         [ Links ]

Kurtz, B. E., & Borkowski, J. G. (1987). Development of strategic skills in impulsive and reflective children: A longitudinal study of metacognition. Journal of Experimental Child Psychology, 43, 129-148.         [ Links ]

Lieberman, A. F., & Pawl, J. H. (1990). Disorders of attachment and secure base behavior in the second year of life: Conceptual issues and clinical intervention. In M. T. Greenberg, D. Cicchetti, & E. M. Cummings (Eds.), Attachment in the preschool years. Theory, research, and intervention (pp. 375-397). Chicago: The University of Chicago Press.         [ Links ]

Maccoby, E. E. (1992). The role of parents in the socialization of children: An historical overview. Developmental Psychology, 28, 1006-1017.         [ Links ]

Main, M., Kaplan, N., & Cassidy, J. (1985). Security in infancy, childhood and adulthood. A move to the level of representation. In I. Bretherton & E. Waters (Eds.), Growing points in attachment theory and research. Monographs of the Society for Research in Child Development, 50 (1-2, Serial No. 209), 66-104.         [ Links ]

Main, M., & Solomon, J. (1986). Discovery of an insecure-disorganized/disoriented attachment pattern. In T. B. Brazelton & M. W. Yogman (Eds.), Affective development in infancy (pp. 95-124). Norwood, NJ: Ablex.         [ Links ]

Main, M., & Solomon, J. (1990). Procedures for identifying infants as disorganized/disoriented during the Ainsworth Strange Situation. In M. T. Greenberg, D. Cicchetti, & E. M. Cummings (Eds.), Attachment in the preschool years. Theory, research, and intervention (pp. 121-160). Chicago: The University of Chicago Press.         [ Links ]

Matas, L., Arend, R. A., & Sroufe, L. A. (1978). Continuity of adaptation in the second year: The relationship between quality of attachment and later competence. Child Development, 49, 547-556.         [ Links ]

Moran, G., Pederson, D. R., Pettit, P., & Krupka, A. (1992). Maternal sensitivity and infant-mother attachment in a developmentally delay sample. Infant Behavior and Development, 15, 427-442.         [ Links ]

Moss, E. (1992). The socioaffective context of joint cognitive activity. In L. T. Winegar & J. Valsiner (Eds.), Children's development within social context: Vol. 2. Research and methodology (pp. 117-154). Hillsdale, NJ: Lawrence Erlbaum.         [ Links ]

Moss, E., Gosselin, C., Parent, S., & Dubeau, D. (1993, Mai). Attachment and mother-child interdependency in joint problem-solving. Communication présentée à la conférence de l'Association Canadienne de Psychologie, Montréal, Canada.         [ Links ]

Moss, E., Gosselin, C., Parent, S., Rousseau, D., & Dumont, M. (1997). Attachment and joint-problem solving experiences during the preschool period. Social Development, 6, 1-17.         [ Links ]

Moss, E., Parent, S., Gosselin, C., & Dumont, M. (1993). Attachment and the development of metacognitive and collaborative strategies. International Journal of Educational Research, 19, 555-571.         [ Links ]

Newman, P. R., & Newman, B. M. (1988). Parenthood and adult development. In R. Palkovitz & M. B. Sussman (Eds.), Transitions to parenthood (pp. 313-337). New York: The Haworth Press.         [ Links ]

Oldershaw, L., Walters, G. C., & Hall, D. K. (1986). Control strategies and noncompliance in abusive mother-child dyads: An observational study. Child Development, 57, 722-732.         [ Links ]

Parent, S., & Moss, E. (1995). L'influence de l'attachement mère-enfant et des habiletés verbales de l'enfant d'âge préscolaire sur l'étayage maternel dans une tâche de planification simple. Enfance, 3, 317-335.         [ Links ]

Pianta, R. C., Sroufe, L. A., & Egeland, B. (1989). Continuity and discontinuity in maternal sensitivity at 6, 24, and 42 months in a high-risk sample. Child Development, 60, 481-487.         [ Links ]

Posada, G., Waters, E., Crowell, J. A., & Lay, K. L. (1995). Is it easier to use a secure mother as a secure base? Attachment Q-sort correlates of the adult attachment interview. In E. Waters, B. E. Vaughn, G. Posada, & K. Kondo-Ikemura (Eds.), Caregiving, cultural, and cognitive perspectives on secure-base behavior and working models: New Growing points of attachment theory and research. Monographs of the Society for Research in Child Development, 60 (2-3, Serial No. 244), 133-145.         [ Links ]

Renshaw, P. D., & Gardner, R. (1990). Process versus product task interpretation and parental teaching pratices. International Journal of Behavioral Development, 13, 489-505.         [ Links ]

Schneider-Rosen, K. (1990). The developmental reorganization of attachment relationships: Guidelines for classification beyond infancy. In M. T. Greenberg, D. Cicchetti, & E. M. Cummings (Eds.), Attachment in the preschool years. Theory, research, and intervention (pp.185-220). Chicago: The University of Chicago Press.         [ Links ]

Seifer, R., & Schiller, M. (1995). The role of parenting sensitivity, infant temparement, and dyadic interaction in attachment theory and assessment. In E. Waters, B. E. Vaughn, G. Posada, & K. Kondo-Ikemura (Eds.), Caregiving, cultural, and cognitive perspectives on secure-base behavior and working models: New Growing points of attachment theory and research. Monograph of the Society for Research in Child Development, 60 (2-3, Serial No. 244), 146-174.         [ Links ]

Sroufe, L. A. (1988). The role of infant-caregiver attachment in development. In J. Belsky & T. Nezworski (Eds.), Clinical implications of attachment (pp. 18-38). Hilsdale, NJ: Lawrence Erlbaum.         [ Links ]

Sroufe, L. A. (1989). Pathways to adaptation and maladaptation psychopathology as developmental deprivation. In D. Cicchetti (Ed.), The emergence of discipline: Rochester Symposium on Developmental Psychology (Vol. 1, pp. 13-40). Hillsdale, NJ: Lawrence Erlbaum.         [ Links ]

Sroufe, L. A., & Fleeson, J. (1986). Attachment and the construction of relationships. In W. Hartup & Z. Rubin (Eds.), Relationships and development (pp 51-72). Hillsdale, NJ: Lawrence Erlbaum.         [ Links ]

Stevenson-Hinde, J., & Shouldice, A. (1995). Maternal interactions and self-reports related to attachment classifications at 4,5 years. Child Development, 66, 583-596.         [ Links ]

Strayer, F. F., & Moss, E. (1989). The co-construction of representational activity during social interaction. In M. Bornstein & J. Bruner (Eds.), Interaction in human development (pp. 173-196). Hillsdale, NJ: Lawrence Erlbaum.         [ Links ]

van der Veer, R., & van Ijzendoorn, M. H. (1988). Early childhood attachment and later problem solving: A vygotskian perspective. In J. Valsiner (Ed.), Child development within culturally structured environments: Volume 1. Parental cognition and adult-child interaction. (pp. 215-246). Hillsdale, NJ: Lawrence Erlbaum.         [ Links ]

van Ijzendoorn, M. H. (1995). Adult attachment representations, parental responsiveness, and infant attachment: A meta-analysis on the predictive validity of the Adult Attachment Interview. Psychological Bulletin, 117, 387-403.         [ Links ]

van Ijzendoorn, M. H., Schuengel, C., & Bakermans-Kranenburg, J. (1999). Disorganized attachment in early childhood: Meta-analysis of precursors, concomitants, and sequelae. Development and Psychopathology, 11, 225-249.         [ Links ]

 

 

Réception 02.07.2000
Prémière décision editoriale 06.11.2000
Version finale 10.12.2000
Acceptation 15.12.2000

 

 

1 Cet article a été rendu possible grâce à l'aide financière du Conseil québecois de la recherche sociale (CQRS). Il est tiré de la thèse de doctorat soumise au département de psychologie de l'Université du Québec à Montréal. L'auteure désire remercier Sophie Parent, Diane Dubeau et Ellen Moss pour leurs commentaires critiques.

2 Adresse de correspondance: Catherine Gosselin, Groupe de recherche sur l'inadaptation psychosociale chez l'enfant, Université de Montréal, C.P. 6128, succursale Centre-Ville, Montréal (Québec), Canada H3C 3J7. E-mail: gosselca@GRIP.UMontreal.CA

3 Le terme mère signifie la personne qui est la principale responsable des soins donnés à l'enfant. Cette forme est utilisée sans discrimination dans le but d'alléger le texte. Il faut rappeler que les recherches sur l'attachement de l'enfant se sont basées principalement sur la dyade mère-enfant.

Creative Commons License All the contents of this journal, except where otherwise noted, is licensed under a Creative Commons Attribution License