Développement, modernité et subjectivié

José Maurício Domingues

La modernité, sujet central dans l'oeuvre de Costa Pinto, se présente sous deux aspects. Le premier, le plus évident, débouchait sur un refus d'employer l'expression: il s'en servait pour définir un type d'évolution historique et sociale dont il rejetait le modèle et le téléos pour le Brésil. Modèle dont les caractéristiques seraient l'adoption d'étalons de consommation, de conduites, d'institutions, de valeurs et d'idées de sociétés plus développées, sans insérer nécessairement des transformations réelles de la structure économique et sociale. Le second aspect, plus positif, était la façon d'envisager la modernité, que Costa Pinto appelait alors "développement", censé étendre le bien-être à l'ensemble de la population, permettant ainsi un passage vers une autre "structure sociale". La "modernisation" ne serait donc aménageable, contraiment au développement, l'État y gardant un rôle premier. Dans cet article on cherche à montrer que, bien que datée, cette idée de développement conserve en partie son sens. Il faut, pourtant, revoir son concept général de modernisation et, plutôt que de penser l'État comme le grand agent modernisateur, le considérer comme une subjectivité collective parmi d'autres, capables de faire fonctionner le processus de développement.

Développement; Modernité; Costa Pinto; Subjectivité collective


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